Par les auteurs du Guide Essentiel des Pierres de Santé — Le Courrier du Livre, 343 pages

Encyclopédie des Pierres

Devilline

Minéral reconnu IMA-CNMNC — description encyclopédique. Formule CaCu4(SO4)2(OH)6·3H2O — Dureté 2,5/10 Mohs.

· 7 min de lecture

Fiche Technique

Formule chimiqueCaCu4(SO4)2(OH)6·3H2O
Système cristallinMonoclinique
Dureté (Mohs)2,5
CouleurBleu
ÉclatVitreux

Introduction et Classification de la Devilline

La Devilline appartient au corpus minéralogique officiellement établi par l’IMA-CNMNC. Sa fiche d’espèce, publiée dans les archives de cette commission, décrit précisément sa composition, sa structure cristalline et ses caractéristiques physiques. La Devilline se classe parmi les sulfates, groupe identifié par l’anion SO₄²⁻, typiquement issus de processus d’évaporation ou d’altération de sulfures.

Sa formule chimique CaCu4(SO4)2(OH)6·3H2O reflète la composition ionique précise validée par la fiche IMA. Elle cristallise dans le système Monoclinique, paramètre qui détermine la géométrie interne des cristaux et leurs propriétés optiques macroscopiques.

La présente fiche rassemble l’ensemble des données minéralogiques publiées sur cette espèce, dans une optique encyclopédique à destination des chercheurs, étudiants et amateurs éclairés.


Découverte et Étymologie de la Devilline

Le suffixe -ine de « devilline » évoque les nomenclatures anciennes où ce terminaison a désigné plusieurs familles minéralogiques majeures. Contrairement à -ite, -ine est aujourd’hui moins fréquent dans les nouvelles dénominations mais reste porté par de nombreuses espèces classiques.

La description scientifique de la devilline s’inscrit dans le long processus de constitution de la minéralogie moderne. Les grands traités fondateurs — Georgius Agricola (De Natura Fossilium, 1546), René-Just Haüy (Traité de Minéralogie, 1801), James Dwight Dana (System of Mineralogy, 1837) — ont progressivement posé les bases d’une classification rigoureuse.

Les chercheurs disposent pour étudier la devilline de plusieurs ressources complémentaires : les publications originales de description, les fiches d’espèce validées par l’IMA, et les bases collaboratives (Mindat, RRUFF Project) qui centralisent les spectres Raman et infrarouges de chaque minéral.


Formation Géologique de la Devilline

Comprendre la genèse de la devilline éclaire les conditions physico-chimiques de son environnement de cristallisation. La formation des sulfates intervient principalement par évaporation de solutions aqueuses chargées en ions sulfate, par altération oxydante de sulfures primaires, ou par précipitation hydrothermale tardive. Leur présence témoigne d’environnements arides anciens ou d’altérations de gisements profonds.

Le système monoclinique, l’un des plus représentés dans les minéraux terrestres, produit des cristaux aux contours prismatiques penchés. Il accueille une grande diversité d’espèces, notamment parmi les feldspaths, amphiboles et micas.

L’étude des associations minérales de la devilline dans un gisement donné permet aux géologues de reconstituer la paragenèse — l’ensemble des minéraux formés simultanément ou en séquence — et par là même de retracer les conditions de formation du minéral.

Contexte de formationCaractéristiques
ÉvaporitesPrécipitation par concentration saline progressive
Zones d'altérationOxydation superficielle de sulfures primaires
Venues hydrothermales tardivesDépôts en fin de cycle hydrothermal

Minéraux apparentés à consulter : dans la famille des sulfates et le système Monoclinique, les espèces suivantes partagent des caractéristiques communes avec la devilline et peuvent compléter utilement son étude — Celsiane, ammoniotinsleyite, amarillite, clinojimthompsonite et chalcocite.


Propriétés Minéralogiques de la Devilline

L’étude des propriétés physiques de la devilline permet non seulement son identification, mais aussi son rattachement à une famille minérale et, par extension, la compréhension de son origine géologique probable.

La formule chimique CaCu4(SO4)2(OH)6·3H2O exprime la composition idéale du minéral. Dans la nature, des variations de composition mineures (substitutions ioniques, impuretés) sont fréquemment observées et peuvent moduler légèrement les propriétés physiques du spécimen.

Avec une dureté de 2,5 sur l’échelle de Mohs, ce minéral se situe dans une catégorie précise, le classant parmi les minéraux tendres, rayables par une lame d’acier. L’éclat observé est typiquement vitreux, caractéristique de la famille minéralogique à laquelle appartient ce minéral.

La coloration dominante observée est bleu, due à la présence d’éléments chromogènes spécifiques dans sa structure cristalline ou à des inclusions minérales au moment de la cristallisation.

PropriétéValeur
Formule chimiqueCaCu4(SO4)2(OH)6·3H2O
Système cristallinMonoclinique
Dureté (Mohs)2,5
ÉclatVitreux
Couleur dominanteBleu
Statut IMAEspèce minérale officiellement reconnue

Gisements et Localités Mondiales de la Devilline

Les localisations connues de la devilline constituent un paramètre essentiel de sa caractérisation scientifique. Chaque gisement apporte des spécimens aux habitus et aux paragenèses distinctives, enrichissant progressivement la compréhension de l’espèce.

Les sulfates se concentrent dans les provinces évaporitiques : bassin permien de Stassfurt (Allemagne), diapirs triasiques du sud de la France, évaporites messiniennes méditerranéennes, ainsi que dans les zones d’oxydation supergène de gisements sulfurés.

Au-delà de la localisation géographique, la provenance d’un spécimen — documentée via la fiche Mindat et les étiquettes de collection — constitue une composante essentielle de sa valeur scientifique et patrimoniale. Les spécimens historiques sans provenance perdent une part de leur intérêt documentaire.


Identification et Distinction de la Devilline

L’identification rigoureuse de la devilline repose sur la convergence de plusieurs critères physiques et optiques. Un minéralogiste expérimenté combine les observations macroscopiques (couleur, habitus, éclat), les tests simples sur le terrain (dureté, trace, clivage) et, pour les cas douteux, les analyses en laboratoire (microscopie, diffraction X, spectroscopie).

  • Dureté Mohs : 2,5 — test simple à réaliser avec une gamme de minéraux étalons (ongle 2,5 ; cuivre 3 ; lame d’acier 5,5 ; verre 5,5-6 ; quartz 7).
  • Système cristallin : Monoclinique — reconnaissable à l’habitus des cristaux (forme géométrique caractéristique, angles entre faces).
  • Couleur : Bleu — indicateur à pondérer car de nombreuses espèces présentent des variations chromatiques importantes selon les impuretés.
  • Éclat : observation à la lumière du jour, qui permet de classer le minéral entre éclat métallique, vitreux, adamantin, résineux, nacré ou mat.
  • Trace : test sur plaque de porcelaine non émaillée — la couleur du minéral réduit en poudre est souvent plus fiable que la couleur apparente du cristal.
  • Densité : rapport masse/volume, discriminant très efficace entre minéraux d’apparence similaire (nécessite une balance de précision).

La confusion de la devilline avec d’autres espèces minérales est fréquente, en particulier lorsque la couleur ou la forme superficielles dominent l’observation. L’expérience des minéralogistes amateurs s’affine progressivement avec la manipulation de nombreux spécimens bien caractérisés.


Usages et Applications de la Devilline

Au-delà de son intérêt purement minéralogique, la devilline présente une valeur principalement scientifique et patrimoniale. Cette section présente les applications documentées ou potentielles selon sa composition et ses propriétés.

Les sulfates trouvent des applications variées : gypse pour le plâtre et le ciment, anhydrite pour le dessiccant industriel, barytine pour les fluides de forage pétrolier, célestine comme source de strontium. L’utilisation industrielle de la devilline dépend de sa pureté et de sa concentration.

Sur le plan scientifique, chaque spécimen de la devilline constitue un document géologique — un témoin des conditions de formation, des paragenèses locales, des processus géochimiques à l’œuvre. Les collections scientifiques (Muséum national d’Histoire naturelle de Paris, École des Mines de Paris, Smithsonian Institution) conservent ces archives minérales pour les générations futures.

Le marché minéralogique de la devilline varie selon la demande, la rareté des spécimens de qualité et l’actualité des découvertes. Les grandes ventes internationales (Sotheby’s, Bonhams minéralogie) et les bourses spécialisées dynamisent un marché patrimonial en croissance depuis les années 2000.


Questions Fréquentes sur la Devilline

Qu'est-ce que la devilline ?

La Devilline est une espèce minérale officiellement reconnue par l’IMA-CNMNC (International Mineralogical Association — Commission on New Minerals, Nomenclature and Classification). Elle appartient à la famille des sulfates. Sa formule chimique est CaCu4(SO4)2(OH)6·3H2O. Cette espèce figure dans les nomenclatures minéralogiques de référence et fait l’objet de descriptions scientifiques détaillées.

Quelle est la formule chimique de la devilline ?

La formule chimique idéale de la devilline est CaCu4(SO4)2(OH)6·3H2O. Dans la nature, des variations de composition mineures (substitutions ioniques, impuretés) peuvent être observées et moduler légèrement les propriétés physiques du minéral.

Quelles sont les propriétés cristallographiques de la devilline ?

Ce minéral cristallise dans le système Monoclinique et présente une dureté de 2,5 sur l’échelle de Mohs. Ces caractéristiques permettent son identification et le situent précisément dans la classification minéralogique internationale. Pour la fiche technique complète, consultez la section Propriétés Minéralogiques ci-dessus.

Où trouve-t-on la devilline dans le monde ?

Les gisements de la devilline sont recensés dans les bases de données minéralogiques internationales. La plateforme Mindat.org offre une cartographie détaillée des occurrences documentées, mise à jour collaborativement par la communauté minéralogique mondiale. Chaque gisement apporte des spécimens aux caractéristiques propres, reflétant les conditions géologiques locales.

Quels sont les principaux usages de la devilline ?

La Devilline est principalement d’intérêt pour les collections scientifiques et privées, l’enseignement universitaire et les recherches en minéralogie descriptive. Selon sa composition chimique, elle peut aussi présenter un intérêt comme minerai ou matière première industrielle. Sa dureté relativement modérée limite en revanche son usage en bijouterie.

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